Coups de crampons

On m’a parlé du foot féminin

6 juillet 2015. 1h06. Le sacre de Carli Lloyd. 2h40. Les larmes sur les joues américaines. Abby Wambach court embrasser sa femme. L’image fera le tour du monde. Christie Rampone soulève la coupe à ses côtés. Meghan Klingenberg entame un tour d’honneur avec le drapeau étoilé. Je crois que c’est à cet instant que je suis tombée amoureuse du football féminin et de la National Women’s Soccer League.

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© Nike 2015

Alors, depuis, j’inonde un peu les réseaux sociaux de cette passion naissante, me surprenant à mettre un réveil pour pouvoir voir les derniers matches de la saison américaine, les derniers adieux de stars internationales comme Nadine Angerer (Portland Thorns, GWNT), considérée comme l’une des meilleures goals du monde, ou Rachel « The Buehldozer » Van Hoellebecke, rattrapant près de vingt ans de retard d’histoire féminine américaine. Peut-être un peu trop. Parce qu’on m’a parlé du foot féminin. Comme un grand frère à sa petite soeur qui commence à peine dans la vie et ne peut en comprendre la beauté. On m’a dit des choses. Qui se sont bien installées dans ma tête.

On m’a dit : « arrête avec ça, c’est un jeu beaucoup plus lent. » Et j’ai repensé à ces paroles, quand Crystal Dunn a marqué pour les Washington Spirit à peine une minute après le but des Thorns contre Ashlyn Harris. C’est vrai. Ne pas avoir le temps de regarder le replay, c’est trop lent. J’ai repensé à ces paroles et aux buts de Carli Lloyd contre le Japon en finale de la Coupe du Monde, où, en rafraîchissant le streaming W9, j’avais raté deux buts. Comptez : 110 secondes. Le temps des prérolls vidéos. Oui, c’est vrai : si j’avais eu addblock sur ce PC, je ne les aurais pas manqués.

On m’a dit : « c’est même pas assez rapide pour du contact. » Et j’ai repensé à ces paroles, quand j’ai vu cette vidéo insoutenable où Abby Wambach rate sa tête et frappe de sa tempe une attaquante mexicaine, répandant son sang sur la pelouse synthétique. Elle se fera agrafer sur le terrain et repartira dans la minute. Où Ashlyn Harris, suite à une autre confrontation musclée de la tête, se roule de douleur sur le sol, à la 52e minute de jeu, puis se relèvera et terminera le match.

On m’a dit : « ce n’est pas le même jeu. » Et j’ai repensé à ces paroles quand j’ai vu la finale de la coupe d’Algarve, USA v Fra, où toutes les joueuses se sont données de A à Z, dans un stade vide. Pas le même jeu ? En tout cas j’ai vu ici la même passion pour le jeu. Pour le sport.

On m’a dit : « fais la différence entre le sport et les thématiques LGBT. » Et j’ai repensé à ces paroles quand j’ai regardé l’ultime interview de la légende Wambach juste avant la finale – sa dernière finale – de Coupe du Monde, sur ESPN. Quand elle disait que « lorsqu’on a un rêve, qu’on a quelque chose que l’on veut, de tout son être, il faut être prêt à tous les sacrifices. Il faut être prêt à être complètement dévasté si on tombe. Et quand on tombe, il faut se remettre en selle. ». Et je pense à une gamine, isolée, qui a un rêve, que l’on empêche de poursuivre parce que c’est une fille, parce que ce rêve est trop grand pour elle, ou pour toute autre raison. Je pense à la force de ce discours, à cet impact. Cette gamine, ça peut être toi. Ca peut être moi. Ou n’importe quelle personne sur terre. Thématiques LGBT ? Inspiration et humilité, de la part de celle qui a marqué 184 buts dans sa carrière nationale.

Et on m’a dit aussi : « t’as qu’à regarder un match du Barça, parce que bon le soccer féminin c’est comme regarder Plus Belle la Vie, et le Barça c’est comme un Scorsese. ». Mais là, j’ai trouvé que ça allait trop loin.
Alors oui, je ne suis pas (encore) footeuse, je ne suis pas (encore) technique, mais je sais pourquoi je regarde ces matches. Et pourquoi je vibre. Comme n’importe quel fan de foot, masculin ou féminin, parce que ça s’appelle la passion. Et je pense qu’il y a de la place sur le terrain pour tout le monde, hommes et femmes. A l’occasion du premier anniversaire du blog, je me présente : je m’appelle Lisa, et je vais vous parler du foot féminin.

PS : à celui qui m’a dit tout ça, sans rancune.

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